Potager Urbain

Préambule

Bonne Année et meilleurs voeux pour cet année 2019!  Noël est passé et avec lui le solstice d’hiver qui l’avait précédé. Comme une lueur d’espoir pour nous aider à traverser les frimas de l’hiver en lorgnant sur les promesse du printemps à venir!

À la ville comme à la campagne, nous pouvons tous et toutes pratiquer le jardinage, pour le plaisir mais aussi par les temps qui courent, pour un peu plus d’autonomie alimentaire pour ne pas dire financière…

Pour cette série, nous vous proposerons de nous concentrer sur le jardinage en milieu urbain, qui concerne la partie d’entre nous ayant le moins accès à une alimentation, locale et de qualité.

Au delà de l’autonomie alimentaire et financière, on éprouvera également la satisfaction de déguster des fruits et légumes frais, cultivés soi-même, du balcon à l’assiette!

Car il n’est de légume plus sain que celui que l’on vient de récolter, les légumes perdant un tiers de leur valeur nutritionnelle trois jours après récolte. On imagine donc le peu d’intérêt de manger des légumes venus de loin, récoltés, stockés et transportés plusieurs jours, voire semaines, après récolte. Et ce même s’ils sont bios!

Certes les AMAP et producteurs locaux sont là pour nous approvisionner en produits frais et de saison mais cela représente également un budget qui n’entre pas dans toutes les bourses. Alors pourquoi ne pas se lancer dans l’auto-production? Il n’y a pas de petite porte pour se lancer dans l’autonomie et la ré-appropriation des savoir-faire d’antan! Si on peut le faire en famille et de manière ludique alors qu’attendons-nous!

La série d’articles que nous vous présenterons auront pour vocation à vous offrir la compréhension et les moyens de produire en intérieur où sur vos balcon, terrasse, des fruits et légumes frais et bios et ce à moindre coût. Nous envisagerons les aspects liés aux variétés cultivables, aux supports, aux astuces permettant de booster votre production pour rendre jaloux vos voisins et heureux les gourmands!

Bien commencer!

Alors par où commencer?? Et bien tout ce qu’il nous faut, c’est un peu de soleil, de terre et d’attention! Les deux premiers sont faciles à trouver mais l’astuce pour réussir vos cultures, dans un milieu nécessairement artificiel donc contrôlé, c’est le soin que vous devrez dédier à vos chères plantes qui vous le rendront bien, par le fruit de leur production. Néanmoins, en tenant compte du mode de vie contemporain de nombre d’entre nous, nous vous présenterons également des astuces pour maximiser les chances de survie et de production de vos végétaux!

Pour bien débuter, avant même de considérer le matériel pour l’installation de votre micro-potager urbain, mettez-vous à la place de vos partenaires dans cette aventure : les plantes potagères! Fruits de l’attention et de l’évolution dirigés par des centaines de générations de cultivateurs depuis la nuit des temps, elles sont toutes les descendantes de plantes sauvages. Plus riches en micronutriments mais plus économes en énergie, les cultivateurs premiers les ont sélectionnés pour arriver à des fruits et légumes plus volumineux et à même de satisfaire nos besoins nutritionnels, énergétiques et gustatifs.

Une plante à donc essentiellement besoin de trois choses, de la lumière, de l’eau, et d’un sol vivant générateur de fertilité. Votre attention régulière sera la garante du succès car vous oeuvrerez en milieu artificiel. Donnez-leur tout cela et vous maximiserez les chances d’améliorer votre quotidien et votre santé! Bien sûr, il y aura des échecs et des déceptions mais ce seront autant d’opportunités d’améliorer votre compréhension du fonctionnement du cycle végétal et de vous reconnecter à l’un des objectifs essentiels de notre génération: lutter contre l’artificialisation de notre planète et promouvoir le vivant!

Pour ce faire, il faut le comprendre. Apprendre en faisant, la base de tout apprentissage réussi!

Gardez à l’esprit le bien-être de vos plantes et la vie se chargera du reste! Une plante est programmée pour produire… et se reproduire, fonction essentielle de tout être vivant. Nous inclurons également des conseils et astuces pour produire vos semences et les adapter progressivement à votre milieu. Pour cela la condition élémentaire est de partir de semences reproductibles, donc non Hybrides (F1 pour les mieux informés), il s’agit des variétés dites “Anciennes”, patiemment et savamment améliorées par des générations et des générations de cultivateurs depuis que le nomade se fut décidé à poser pied à terre et à se sédentariser dans un coin de pays qui allait devenir son chez lui! L’observation des processus naturels et la sélection, récolte après récolte, des plus beaux fruits, et des plus belles graines, fut le premier pas vers le développement d’un panel de végétaux nous permettant d’améliorer le quotidien alimentaire. Et ce, avant d’envisager des techniques plus pointues de croisement de variétés pour sélectionner les caractères recherchés. Ainsi, nous bénéficions aujourd’hui d’une variété incroyable de fruits et de légumes de formes, textures et de goûts tous plus différents les uns des autres. Pour autant, les logiques de rationalisation et d’optimisation d’une production devenue industrielle ne nous laissent apprécier qu’une infime partie de cet héritage, oublié jusqu’à récemment. Grâce à internet et à quelques passionnés, nous reprenons conscience aujourd’hui de ce patrimoine oublié. C’est avec enthousiasme que petits et grands se tournent vers l’opportunité de reprendre le flambeau de cette lignée ininterrompue d’amoureux du vivant, et de la bonne chère… Car la vie, c’est aussi bien manger, de bons légumes frais, dans la convivialité!

Au commencement était la Graine!

Ce n’est pas un secret, ici chez Mille Variétés Anciennes, nous avons à coeur de vous proposer les meilleures semences que nous ont transmis des générations de sélectionneurs mais aussi nos aïeux qui, d’année en année, ont sélectionné et adapté leurs semences au terroir tout en en développant leurs qualités organoleptiques et de production. Une question de goût mais avant tout de survie car, ne l’oublions pas, cet héritage nous vient d’un temps où les frigos et supermarchés n’existaient pas! Et pour autant, on redécouvre que l’on mangeait alors des aliments beaucoup plus riches en vitamines et minéraux. Si la proportion reste sujet à polémique, tout le monde est d’accord pour dire que les fruits et légumes industriels sont quasiment vides de nutriments… On aura alors beau jeu de recommander d’en manger cinq portions par jour, zéro+zéro+zéro+zéro+zéro fera toujours zéro! Produire ces propres légumes, oui mais à partir de semences industrielles, conçues pour offrir le maximum de rendement en milieu artificialisé à l’extrême, non! Bien évidemment, personne ne s’interdit d’aspirer à l’abondance mais il est des raccourcis que nous préférons éviter car la qualité est tout aussi importante que la quantité! Produire peut-être un petit peu moins, car il est vrai que les semences F1 sont plus productives, quantitativement parlant, mais produire mieux avec des variétés anciennes qui ont, ne l’oublions pas, nourri des générations de nos concitoyens pour arriver jusqu’à nous, c’est aujourd’hui notre ambition! Sans oublier que l’inconvénient majeur des variétés hybrides, c’est qu’elles ne peuvent être réutilisées d’années en années. Impossible donc de ressemer et encore mieux, de les adapter à nos terroirs et nos pratiques! La standardisation des semences répond à un objectif avoué d’uniformisation des environnements de culture. Sauf que toute standardisation conduit inévitablement à un appauvrissement du patrimoine et à une réduction du potentiel de résistance aux attaques du reste de l’environnement. Qui, pendant ce temps, poursuit sa perpétuelle adaptation. Ce caractère essentiel de la fonction de Vie est ce qui lui permet de s’auto-reproduire. Sans celui-ci, a terme, il y aurait une fin à ce processus débuté il y a quelques milliards d’années. Oeuvrons donc à rentrer dans cette grande chaîne de la vie et faire notre petite part pour qu’il se poursuivre aussi longtemps que possible et dans de bonnes conditions!

Un jardin aux mille formes.

Après ces considérations générales, venons-en concrètement à nos affaires : comment générer des aliments sains et en abondance avec ce qui nous est alloué?

En milieu urbain, la terre a cédé la place au béton, c’est pratique pour construire des habitations plus ou moins confortables, moins pour faire pousser des plantes… Comme tout un chacun dispose de ressources différentes, il existe une infinité de situations possibles pour mettre en oeuvre un espace de culture.

La première chose à faire est de faire l’inventaire des ressources dont l’on dispose. Et il est souvent beaucoup plus large que l’on se l’imagine. Du balcon de 3m2 au jardinet de 50m2 en rez de chaussée. Sans compter l’espace public ou privé qui pourrait s’ouvrir à nous si on le demandait. L’exemple du succès des “Incroyables Comestibles” l’a démontré au-delà de toute espérance! Il y a donc souvent beaucoup plus de possibilités qu’il n’y paraît pour développer une petite production 🙂

Nous commencerons pour autant par un jardin fictif de 5m2 qui nous servira de base pour le début de nos expérimentations. Tout ce qui viendra en plus sera du bonus! Si l’on veut commencer par trois jardinières récupérées chez sa tante alors ce sera déjà ça!

Au Soleeeil…

Une fois le terrain trouvé, se pose la question de l’orientation. Une donnée essentielle du succès de toutes production est l’accès à la lumière directe, condition nécessaire de la photosynthèse, transformation presque magique du rayonnement solaire immatériel en sucres, qui permettront à la plante de vivre et de poursuivre les processus plus complexes de son développement et à terme, de ce qui finira dans notre assiette!

Il nous faut donc du soleil et son pendant thermique, de la chaleur. Ni trop, ni trop peu. La température optimale de développement d’une majorité de plantes de nos contrées tourne autour de 25°. Il existe toute une palette de techniques pour attirer et conserver la chaleur. Notre objectif est, dans la mesure du possible et de nos moyens, de générer un micro, presque un nano… climat à même de favoriser le bien être de nos plantes et du sol qui les supporte.

Il existe essentiellement 3 moyens de favoriser une température ambiante adaptée.

On peut la conserver en jouant sur l’effet de serre, un film plastique transparent se chargeant de capter les rayons solaires et d’éviter qu’ils ne s’échappent, pour élever la température localement. Cela jusqu’à un certain niveau… On évitera bien évidemment de dépasser un certain seuil qui cuirait nos plantes sur place! Le sauna est un luxe réservé à l’homme 😉 les plantes n’ont pas de telles exigences et c’est tant mieux! A tout le moins, on préfèrera qu’il fasse un peu plus frais qu’un peu trop chaud, au pire on ralentira le métabolisme de nos plantes qui repartiront avec quelques degrés en plus! C’est ici un exemple de ce que nous exposions en préambule. L’attention est au coeur de vos ambitions! Et je vous le garantis, un jour vous rentrerez chez vous, et vous retrouverez vos plantes au mieux déshydratées au pire… calcinées! Et vous en serez fort déçu…Tout ça pour ça… Il suffit d’un moment d’inattention! Heureusement il existe des précautions à prendre pour limiter ces occurrences, qui arrivent aux jardiniers les plus expérimentés! Donc pas de honte à avoir, cent fois sur le métier, remets ton ouvrage! Il n’est pas exclus non plus d’avoir de la chance 😉 mais nous préférerons la créer!

À l’effet de serre, nous pouvons ajouter la technique d’inertie thermique, dit plus simplement, nous allons accumuler la chaleur dans un support qui la redistribuera une fois l’exposition directe terminée. L’exemple le plus simple est un mur, préférablement de couleur sombre, la brique est parfaite tant par sa coloration que sa capacité de stockage. Un exemple typique est celui des “Murs à Pêches” de Montreuil près de Paris, qui ont fourni pendant deux siècles des pêches précoces, avant même l’arrivée sur les étals parisiens de leurs cousines provençales. On dit même que les rois et tsars de l’époque se battaient pour en avoir la primeur!

On essaiera donc de favoriser la mise en place de ces supports. Cela peut-être un mur, des pierres glanées alentours, un réservoir d’eau peint en noir… Tout ce qui représente de la masse que l’on aura sous la main. On disposera les pierres au pied des plantes, en paillage par exemple, ou l’on disposera les plantes au plus près d’un mur orienté au sud. Un bon moyen de s’assurer que ce l’on met en oeuvre fonctionne est de poser un thermomètre ou une sonde (thermomètre digital avec capteur extérieur) pour voir si le soir venu la température du potager est supérieure à la température ambiante. Prolonger la température optimale pendant ne serait-ce qu’une heure ou deux peut grandement favoriser la croissance de vos plantes et leur résistance aux effets du climat.

Le dernier moyen de favoriser une température optimale est d’utiliser l’énergie électrique, on l’utilisera de manière parcimonieuse et optimisée par exemple en investissant dans un tapis de sol chauffant, pour favoriser le développement de ses semis, ou encore mieux, une mini serre chauffante (de 25€ à 50€) matériel initialement réservé au professionnels désormais accessible au grand public! Quel plaisir de pouvoir lancer ainsi sa culture au plus froid de l’hiver! Tant pour le moral que pour l’efficacité de sa production!

Pour les plus acharnées d’entre vous, je me dois de vous parler de la culture sur couche chaude pratiquée par les maraîchers parisiens du 19eme siècle, qui leur permettait d’avoir des productions régulières à longueur d’années. Pour cela ils constituaient des fosses remplies de fumier de cheval frais, qu’ils recouvraient d’une bonne couche de terre avant d’y planter leurs légumes et salades primeurs… C’est là l’origine du terme. Ces techniques ont fait la grandeur et la réputation de nos maraîchers aujourd’hui reproduits et rendus disponible via la mise à disposition gratuite de leur recueil, vieux de 150 ans mais toujours à la pointe de ce qu’il est possible de faire en production agricole. Il est téléchargeable gratuitement depuis de nombreuses sources sur Internet en recherchant : Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris. Ces techniques ont été reprises par de nombreux adeptes notamment outre-atlantiques qui s’en sont inspirés pour offrir des perspectives de production exceptionnelles accessibles a qui veut bien s’en donner la peine! Elles ont été reprises depuis une quinzaine d’années par Charles et Perrine Hervé-Gruyer de la Ferme du Bec-Hellouin que l’on ne présente plus, et plus récemment, par nos amis de la Ferme de Sainte Marthe en Sologne que vous pourrez découvrir à l’onglet “Qui sommes-nous?”

On l’aura compris, vos plantes ont besoin d’être bien au chaud mais pas trop, aussi longtemps que possible! Sur la base de ces techniques et principes, à vous de jouer, de créer et d’expérimenter et n’hésitez pas à partager vos résultats et réflexions en commentaires! À vos graines, prêts? Semez!

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