Description
Une des plus anciennes plantes cultivées. Le lupin figure déjà dans des textes romains du IIIe siècle avant notre ère, et les Égyptiens comme les Incas trempaient ses graines dans l’eau courante pour les adoucir avant de les consommer. Au Moyen Âge, les lupins blancs et jaunes étaient cultivés partout en Europe, pour l’alimentation comme pour l’engrais vert. Certaines espèces sont plus riches en protéines que le soja (40 à 42 % pour le Jaune Doux, davantage encore chez les lupins andins).
Du lupin amer au lupin doux. À l’état sauvage, les graines renferment des alcaloïdes amers (la lupuline), qui les rendent toxiques : les Anciens les faisaient bouillir et rincer pour les consommer. Tout change dans les années 1930, quand le sélectionneur allemand von Sengbusch obtient les premiers lupins « doux », à très faible teneur en alcaloïdes. C’est cette lignée, le Lupin Jaune Doux (Lupinus luteus), que l’on peut cultiver aujourd’hui sans amertume.
Le lupin, une réponse à la dépendance au soja. Après 1945, l’élevage européen a été orienté vers le soja importé d’Amérique, au détriment de nos propres légumineuses ; l’Europe en dépend encore massivement pour ses protéines. Or le lupin, cultivé ici, fixe l’azote de l’air, enrichit les sols et fournit des protéines de grande qualité : c’est l’une des meilleures alternatives européennes au soja, sans OGM ni déforestation importée.
Une plante chère à notre fondateur. C’est précisément le combat de Philippe Desbrosses, fondateur du Conservatoire. Jeune agriculteur en Sologne, sur ces terres pauvres et acides, il découvre « la plante d’or des sables » et la cultive dès 1975. L’importation du lupin étant alors interdite en France, il se bat pour obtenir des semences, sème sa parcelle la plus ingrate et la voit se couvrir de pousses d’1,20 m. Il en fera le sujet de sa thèse de doctorat ès sciences (Université Paris VII, 1987) et n’a cessé, depuis, de défendre le lupin comme voie d’autonomie protéique pour l’Europe. Cultiver ce Lupin Jaune Doux, c’est prolonger cet héritage.
Ce qu’il apporte à votre sol. Comme toutes les légumineuses, il capte l’azote de l’air et le restitue au sol (N), y apporte phosphore (P) et potassium (K), et solubilise le phosphore bloqué grâce à ses racines protéoïdes. Ses puissantes racines pivotantes ameublissent la terre en profondeur. Idéal sur les sols pauvres, acides et sablonneux (pH inférieur à 7), il régénère la terre gratuitement, sans engrais chimique.
Note : réservez la consommation humaine aux lupins « doux » à faible teneur en alcaloïdes, préparés selon les usages. Le lupin est un allergène, à éviter en cas d’allergie connue, notamment à l’arachide.





